Je suis dans le métro. 12 arrêts me séparent de ma destination.

Musique sur les oreilles (Closing – Philip Glass), je suis enfermée dans ma bulle, et je me dis que le monde est beau.

Aussi beau qu’il est cruel. Ce qui est bien dans le métro, c’est que l’on va à la rencontre de tout, de tous. On rencontre la vie, la vraie. On touche du regard et parfois du bout des doigts maladroitement, des destins tous différents.

Un couple vient de s’installer en face de moi, avec un enfant sur les genoux. Ils ont l’air en colère, une dispute vient certainement d’éclater. La femme fixe le sol, visage fermé. L’homme regarde sa femme, espérant qu’elle lui décroche un regard à son tour. Le métro file, les gens entrent et sortent. Je tourne à nouveau le regard vers eux, et ils s’embrassent.

Puis il y a ce jeune homme fin, les yeux remplis de la misère du monde. Il est habillé sobrement, presque comme s’il voulait passer inaperçu. Toi, jeune homme au visage abîmé par la tristesse et la fatigue, j’aimerai que tu puisses lire ceci. Que tu te dises que l’on t’as remarqué, que toi aussi tu comptes, et tu participe à la diversité de notre monde.

J’aimerai que ce vieil homme qui lit péniblement son journal malgré le bruit, malgré cette lumière qui lui brûle les yeux, sache qu’il signifie quelque chose. À toi petite fille trop peu vêtue pour ces températures, qui essaye en hurlant d’attirer le regard de tes parents, rongés eux aussi par le stress des temps difficiles, qui ne te voit qu’à peine, et qui t’aimes quand même plus que TOUT au monde, toi jeune homme défoncé au crack, les yeux rougis par le manque, toi jeune fille apeurée de prendre le métro seule, toi aussi, qui essaye d’éviter de toucher la barre centrale de la rame… Je te vois. Et Je veux te dire merci. Merci d’apporter à la vie ce qu’elle a de plus beau, la simplicité, le naturel. Merci de me rappeler que la vie n’est pas faite que de projets, de stress et de « qu’en dira-t-on?« … Merci pour cet instant hors du temps, ce sel de vie, ces sourires, ces soupirs. Merci pour cet amour.

Plus qu’un arrêt…

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