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De quoi a-t-on peur ?

Je suis assise en salle d’examen.

Aujourd’hui est le premier jour de deux semaines de partiels. Lorsque je suis entré dans la salle, vers onze heure, j’ai eu un comportement qui, avec du recul m’interpelle : je me suis dépêchée d’entrer pour pouvoir être assise au dernier rang, tout à fait au fond. C’était presque vital, un vrai enjeu. Rien à ce moment précis ne comptait plus que cela : être au dernier rang. Si ces places avaient déjà été prises, je ne me serai pas senti bien du tout, inconfortable. J’ai alors remarqué que ce n’est pas du tout la première fois que cela m’arrive. C’est d’ailleurs assez fréquent. Serait-ce par confort ? Besoins de me rassurer ?… Ou par peur ?

J’ai eu le plaisir de visionner une conférence de Danièle Henkel (visible ici: conférence), qui aborde ce sujet. C’est alors que j’ai repensé à son discours.

C’est par cet exemple de dernier rang, aussi bien banal que percutant, que commence alors mon introspection. Pourquoi ai-je ce besoin de n’avoir personne derrière moi ? Quelle est l’origine de cette nécessite de contrôle ?

D’où je suis assise, je peux voir tout le monde. Et comme ils sont de dos, eux ne me voient pas. Cette situation me rassure, c’est vrai, je l’admets. Car je sais que l’on ne me juge pas. Personne ne regarde la façon dont je suis habillée, dont je suis coiffée, dont je me tiens. Personne n’est là pour scruter ma façon de tenir mon stylo. Personne ne se dit « tiens elle a déjà terminé? » car oui, j’ai déjà fini mon épreuve, un peu avant les autres qui composent encore. Personne ne se dit « tiens encore une intello… » ou pire « la pauvre elle n’a pas du réviser »

Pourquoi cela m’importe autant ? Qu’est-ce qui au fond de moi me fait si peur, au point d’adopter de tels mécanismes de défense ?

Je pense avoir cette réponse. J’ai peur que l’on ne m’aime pas. J’ai peur du jugement des autres. Finalement, ce n’est pas vraiment leur avis qui m’importe, mais plutôt l’image que ce jugement va me renvoyer à moi-même. Une image imparfaite. Une projection de mes propres frustrations. Est-ce que je souffre d’une mauvaise estime de moi-même ? Oui. J’ai peur que l’on ne m’aime pas car on ne m’a pas appris à m’aimer assez. Et je ne l’ai pas appris non plus. Je suis noyée dans un nuée de suppositions. C’est un cercle infernal… Pourquoi ce besoin de plaire à tout le monde, alors que tout le monde ne me plaît pas ?

Je souris. Car j’avais terminé d’écrire. Mon réflexe ? Plier ma feuille pour que personne ne me lise…

J’ai encore du chemin à parcourir 🙂

Supercalifragilisticexpialidocious

Selon Wikipédia, cette chanson ( « Supercalifragilisticexpialidocious » que vous avez forcément reconnu…) raconte que ce mot a le pouvoir de sortir les gens d’une situation difficile et même de changer leur vie.

Je vous vois déjà entrain d’essayer de le prononcer, ça va encore jusqu’à « fragili », après ça ce corse ! Qui a dit que changer la vie de quelqu’un était évident, remarque ?

Ce mot, j’arrive à le prononcer, et je me le suis même répété plusieurs fois, dans des situations différentes, vite, moins vite, fort, moins fort… Mais je pense que quelque chose coince avec moi. Aïe, c’est ça, je crois bien que je suis différente, un peu singulière dans le genre. Une nana un peu barrée, vous voyez.

J’ai toujours ressentis ça c’est vrai, mais jusqu’à aujourd’hui je n’arrivais pas à l’exprimer. En fait ça me brûlait de l’intérieur, je portais une culpabilité énorme qui faisait des gros nœuds dans ma poitrine : celle de ne pas être comme « tout le monde ».

Une sensation comme celle-ci, ça se prend pas à la légère. Evidemment, qui voudrait écouter une personne un peu bizarre, qui sort de l’ordinaire et qui a des propos un peu trop « capilo-tractés »? Alors on refoule, on se dit que ça va passer, avec le temps et les années, au fil des expériences et des rencontres. Parfois on se sent mieux, parfois on a l’impression de se jeter du haut d’un immeuble, qu’on tombe littéralement dans le vide sans jamais toucher le fond. Et puis on se demande quelle est notre place, si on en a vraiment une, on se pose des tas de questions, trop de questions pour ensuite se rendre compte qu’il est déjà tard, qu’on aimerait dormir, qu’on aimerait arrêter de penser.

Mais on y arrive pas.
C’est donc ça le truc avec lequel je vais devoir apprendre à vivre les soixante prochaines années ?
C’est ça, être un zèbre ?

La vérité voyez-vous, c’est que l’intelligence n’est pas qu’un don de la nature. Ca peut détruire, ça peut faire mal. Vous l’aurez compris, je suis une de ces filles un peu à part, qu’on catégorise « un peu illuminée » ou « dans son monde »…

Et vous, vous voulez en faire partie de mon monde ?