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Ma différence à moi

J’ai choisi d’écrire à propos de ma différence.

Cet article, ça fait déjà un petit moment que je l’ai en tête. Je ne sais pas comment le commencer, ou comment l’articuler, alors je vais essayer de faire simple et d’écrire avec mon coeur.

Bon bah voilà, c’est pas si dur en réalité. Je l’ai choisi car aujourd’hui j’estime avoir assez pris sur moi pour pouvoir extérioriser, et ne plus garder en moi cette souffrance accumulée depuis longtemps. Je me suis si souvent empêché de vivre pleinement par soucis de « non-conformité » !

Le terme de « surdoué » est utilisé à tord, cela signifierait que l’on a quelque chose de plus que les « autres » (mais qui sont ces « autres »? J’en ferai l’objet d’un prochain billet, peut-être). De plus ? Je dirai surtout de moins… Car la vérité est toute autre. On n’est pas « SUR-doué », on est surtout pas gâtés… C’est pas drôle tous les jours de se sentir à part, jamais à sa place, jamais en sécurité, jamais accepté finalement. Alors machinalement, presque inconsciemment, on se met dans la tête que c’est nous le problème, qu’on est une « pièce défectueuse ». Alors tout va très vite, si l’on ne m’accepte pas, n’est-ce pas de ma faute ? Si on ne m’aime pas, est-ce que je mérite d’être aimée ?

Mais alors, quel est le sens de mon existence ?

Ces questions on se les pose parfois au cours d’une vie. Mais se les poser à 6 ans, 8 ans, 12 ans, et toute au long de sa vie, cela peut s’avérer épuisant. J’ai parfois la sensation de vivre avec deux « moi », un moi qui serait « public », celui que je maîtrise et puis un second moi, un moi avec qui je me serai fâchée très très fort, et depuis toute petite. Ce second moi qui me suit partout, qui ne me lâche jamais. J’aimerai tellement lui dire d’aller voir ailleurs si j’y suis. Parfois je me prends la tête avec lui, je lui dis de prendre des vacances, de me laisser dormir, de me laisser en paix.

Mais non ! C’est qu’il court vite ce bougre… Ce second moi me fait parfois peur aussi, il représente une partie de ma personnalité que j’aimerai parfois ne pas avoir à subir, dont je puisse me libérer. Mais ce n’est qu’une utopie, et puis sans ces deux moi je ne serai pas vraiment moi. (Tu suis toujours?).

Alors maintenant j’apprends à faire une colocation. C’est pas facile tout les jours, surtout quand mon second moi ne fait pas la vaisselle ! (On est d’accord) mais il n’y a que comme ça que je pourrais avancer, que je pourrais panser mes blessures et essayer de trouver un équilibre.

On pourrait me dire « Mais pourquoi tu veux en parler comme ça ? publiquement ? tu n’as pas peur que l’on te juge, que l’on te voit différemment? » A ces questions je répondrai simplement par une constatation : je suis différente de toutes façons, le fait de l’assumer n’est qu’une composante.
Mais qui est si importante à mes yeux.

Supercalifragilisticexpialidocious

Selon Wikipédia, cette chanson ( « Supercalifragilisticexpialidocious » que vous avez forcément reconnu…) raconte que ce mot a le pouvoir de sortir les gens d’une situation difficile et même de changer leur vie.

Je vous vois déjà entrain d’essayer de le prononcer, ça va encore jusqu’à « fragili », après ça ce corse ! Qui a dit que changer la vie de quelqu’un était évident, remarque ?

Ce mot, j’arrive à le prononcer, et je me le suis même répété plusieurs fois, dans des situations différentes, vite, moins vite, fort, moins fort… Mais je pense que quelque chose coince avec moi. Aïe, c’est ça, je crois bien que je suis différente, un peu singulière dans le genre. Une nana un peu barrée, vous voyez.

J’ai toujours ressentis ça c’est vrai, mais jusqu’à aujourd’hui je n’arrivais pas à l’exprimer. En fait ça me brûlait de l’intérieur, je portais une culpabilité énorme qui faisait des gros nœuds dans ma poitrine : celle de ne pas être comme « tout le monde ».

Une sensation comme celle-ci, ça se prend pas à la légère. Evidemment, qui voudrait écouter une personne un peu bizarre, qui sort de l’ordinaire et qui a des propos un peu trop « capilo-tractés »? Alors on refoule, on se dit que ça va passer, avec le temps et les années, au fil des expériences et des rencontres. Parfois on se sent mieux, parfois on a l’impression de se jeter du haut d’un immeuble, qu’on tombe littéralement dans le vide sans jamais toucher le fond. Et puis on se demande quelle est notre place, si on en a vraiment une, on se pose des tas de questions, trop de questions pour ensuite se rendre compte qu’il est déjà tard, qu’on aimerait dormir, qu’on aimerait arrêter de penser.

Mais on y arrive pas.
C’est donc ça le truc avec lequel je vais devoir apprendre à vivre les soixante prochaines années ?
C’est ça, être un zèbre ?

La vérité voyez-vous, c’est que l’intelligence n’est pas qu’un don de la nature. Ca peut détruire, ça peut faire mal. Vous l’aurez compris, je suis une de ces filles un peu à part, qu’on catégorise « un peu illuminée » ou « dans son monde »…

Et vous, vous voulez en faire partie de mon monde ?